Par Désiré KOSSI le 30 mars 2026
(Bulletin info) – Réuni le 26 mars dernier dans le cadre de sa tribune politique dénommée « Je dis politique », le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a, une fois encore, exprimé ses vives préoccupations face à la dégradation de la gouvernance publique au Togo. Placée sous le thème « Quelles solutions pour la corruption et la fraude au Togo ? », cette rencontre a été marquée par une dénonciation ferme de plusieurs dérives, mais également par un accent particulier mis sur un événement jugé particulièrement préoccupant dans la région des Savanes.

Prenant la parole, le président national du parti, M. Robert Daté, est longuement revenu sur l’incident survenu récemment avec l’honorable Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson dans ladite région. Qualifiant les faits de « graves » et « inacceptables dans un État de droit », il a dénoncé ce qu’il considère comme une atteinte manifeste aux libertés politiques et à l’expression démocratique.
Selon le CAR, la manière dont cette situation a été gérée par les autorités en place révèle une volonté délibérée de restreindre l’espace politique et d’intimider les voix discordantes. Le parti n’a pas hésité à qualifier cet épisode de « scandale politique », estimant qu’il s’inscrit dans une dynamique plus large de dérives autoritaires.
« Ce qui s’est produit dans la région des Savanes dépasse le simple cadre d’un incident isolé. Il s’agit d’un signal alarmant sur l’état de notre démocratie », a martelé M. Daté, appelant à une prise de conscience nationale.
Au-delà de cet épisode, le CAR a dressé un tableau préoccupant de la gestion des affaires publiques, évoquant notamment des soupçons persistants de corruption dans plusieurs collectivités territoriales. Des cas présumés de détournements de fonds dans certaines communes, notamment dans la préfecture de Yoto, ainsi que des pratiques jugées opaques dans l’Ogou, ont été mis en avant pour illustrer l’ampleur du phénomène.
Le parti a également pointé du doigt des irrégularités présumées au sein de certaines régies financières de l’État, dénonçant des enrichissements illicites qui, selon lui, traduisent une crise profonde de l’éthique publique. À cela s’ajoutent des interrogations sur la légitimité de certaines taxes perçues dans le secteur extractif, notamment sur le transport de matériaux comme le sable et le gravier.
Face à cette accumulation de faits jugés préoccupants, le CAR appelle à une réaction vigoureuse des institutions judiciaires. Il exige l’ouverture d’enquêtes indépendantes, la publication transparente des résultats, ainsi que des sanctions exemplaires à l’encontre des auteurs de malversations avérées.
Dans une posture se voulant à la fois critique et constructive, le parti d’opposition a réitéré sa proposition de cogestion des ressources publiques. Une approche qu’il considère comme essentielle pour renforcer la transparence et prévenir les abus, en favorisant une implication plus inclusive des acteurs politiques dans la gouvernance nationale.
Par ailleurs, le CAR a insisté sur trois priorités majeures : l’instauration d’un dialogue politique véritablement inclusif, l’organisation d’élections crédibles et transparentes, et une réforme en profondeur du système de gouvernance.
En mettant en lumière l’affaire survenue dans la région des Savanes tout en élargissant le débat à la question de la corruption, le CAR confirme son positionnement d’acteur politique engagé. À travers cette sortie médiatique, le parti entend non seulement dénoncer les dérives qu’il observe, mais aussi alerter l’opinion sur les risques que celles-ci font peser sur la stabilité démocratique du pays.

