RDC-Grands Lacs : la médiation de l’UA renforce son dispositif

Par Désiré KOSSI le 11 juin 2026

(Bulletin info) – Réunis à Lomé les 7 et 8 juin 2026 sous la présidence du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, Médiateur de l’Union africaine pour la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs, les membres du panel des facilitateurs ont procédé à l’évaluation semestrielle du processus de médiation.

 

Cette rencontre de haut niveau a rassemblé les facilitateurs de l’Union africaine, des représentants des organisations régionales ainsi que plusieurs partenaires internationaux engagés dans les efforts de stabilisation de la région. Les échanges ont permis d’examiner les initiatives politiques et diplomatiques entreprises depuis la réunion de haut niveau du 17 janvier 2026 tenue à Lomé, tout en appréciant l’évolution de la situation sécuritaire et humanitaire.

Une vive préoccupation face à la dégradation de la situation

Dans leur communiqué final, les participants ont exprimé leur profonde inquiétude face à la persistance des violences dans l’Est de la RDC. Ils ont notamment déploré les violations répétées du cessez-le-feu, l’aggravation de la crise humanitaire, les déplacements massifs de populations ainsi que la multiplication des attaques visant les civils, marquées notamment par un recours accru aux drones.

Le panel a rappelé aux parties concernées leurs engagements pris dans le cadre des processus de Washington et de Doha, notamment en matière de respect du cessez-le-feu, d’ouverture des corridors humanitaires et de mise en œuvre des mesures de confiance.

Une reconnaissance du rôle joué par la médiation africaine

Les participants ont réaffirmé leur attachement au règlement pacifique du conflit et encouragé la poursuite des efforts de rapprochement entre les différentes parties. Ils ont également salué l’implication des organisations sous-régionales, notamment la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).

La réunion a par ailleurs mis en lumière les avancées enregistrées dans les processus de paix de Doha et de Washington, se félicitant notamment de la signature du mémorandum d’entente relatif à l’opérationnalisation du Mécanisme conjoint de vérification élargi du cessez-le-feu (MCVE+) lors des négociations de Montreux, en Suisse.

Les participants ont également salué la coopération étroite établie avec les partenaires internationaux, notamment le Qatar et les États-Unis, et ont rendu hommage au Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, dont l’action, soutenue par le panel des facilitateurs et la Commission de l’Union africaine, a permis de renforcer la crédibilité et la visibilité de la médiation africaine sur la scène internationale.
Les principaux défis identifiés

Malgré les avancées enregistrées, plusieurs insuffisances ont été relevées afin d’améliorer l’efficacité globale du processus de médiation. Les participants ont notamment identifié :
la nécessité de renforcer la coordination entre le Bureau du Médiateur et la Commission de l’Union africaine ;
l’opérationnalisation complète du Secrétariat conjoint indépendant ;
l’amélioration de la préparation et du suivi des missions des facilitateurs ;
une plus grande influence de la médiation africaine sur les processus complémentaires de Washington et de Doha ;
la réduction des contraintes administratives et financières susceptibles de ralentir les actions engagées ;
le renforcement de la communication avec les Communautés économiques régionales et l’opinion publique.

Les recommandations formulées pour le second semestre 2026

Afin d’accroître l’efficacité du processus, plusieurs recommandations ont été adoptées :
renforcer la concertation entre le Bureau du Médiateur, le panel des facilitateurs, la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat conjoint indépendant ;
instaurer un mécanisme régulier de partage d’informations et de rapports périodiques au Médiateur ;
améliorer la communication autour des résultats obtenus afin de renforcer la confiance des parties prenantes ;
structurer davantage la contribution africaine aux processus de Washington et de Doha ;
accroître la mobilisation des ressources financières et améliorer la gestion administrative pour garantir une plus grande réactivité opérationnelle ;
encourager une implication plus soutenue des Communautés économiques régionales dans les mécanismes de coordination.

Un appel à la responsabilité des parties en conflit

Les participants ont exhorté les protagonistes à faire preuve de bonne foi dans l’application des accords conclus, à respecter strictement les cessez-le-feu en vigueur, à accélérer les échanges de prisonniers et à faciliter l’ouverture de corridors humanitaires au profit des populations affectées.

Ils ont également appelé l’ensemble des États et des organisations impliqués dans le processus de paix à conjuguer leurs efforts dans un esprit de solidarité constructive, tout en respectant le leadership africain dans la conduite de la médiation.

Des perspectives pour renforcer les efforts de paix

Au terme des travaux, plusieurs décisions ont été entérinées, notamment l’ajustement des plans d’action des facilitateurs pour le second semestre 2026 et l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle par le Secrétariat conjoint indépendant. Une réunion technique est prévue en juillet prochain à Gaborone, au Botswana, afin d’assurer le suivi des recommandations adoptées.
Avec l’appui du panel des facilitateurs et en coordination avec la Commission de l’Union africaine, le Médiateur poursuivra ses efforts de dialogue entre les différentes parties afin de restaurer la confiance et de favoriser l’émergence d’une paix durable.

Il convient de rappeler que les participants ont réaffirmé leur conviction que la stabilité de l’Est de la RDC et de la région des Grands Lacs constitue un impératif stratégique pour l’Afrique et pour la communauté internationale. Ils ont réitéré leur engagement à mettre en œuvre, avec cohérence et détermination, les décisions arrêtées, en vue de parvenir à une paix durable et inclusive dans cette partie du continent.

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