OOAS : Lomé renforce le partage des connaissances sanitaires

Par Désiré KOSSI le 14 juillet 2026

(Bulletin Info) – L’amélioration de l’accès aux connaissances scientifiques s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur pour le renforcement des systèmes de santé en Afrique de l’Ouest. Dans cette dynamique, l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS) réunit, du 14 au 18 juillet 2026 au Togo, les acteurs de la documentation sanitaire de l’espace CEDEAO.

Durant les cinq jours, les discours de cette rencontre régionale seront consacrées sur l’harmonisation des techniques documentaires et à la mise en place d’une base de données commune du Réseau Ouest-Africain de Documentation et d’Information Sanitaires (ROADIS), destinée à accroître la visibilité de la recherche scientifique ouest-africaine.

Cette rencontre rassemble des documentalistes, archivistes, informaticiens et spécialistes de l’information sanitaire issus des États membres de la CEDEAO. Les travaux se tiennent en présence de représentants de la Sierra Leone, qui assure la présidence en exercice de l’organisation sous-régionale, du ministère togolais de la Santé et de l’OOAS.


Créé en 2005 par l’OOAS, le ROADIS fédère les centres de documentation des ministères de la Santé, des institutions de recherche et des établissements de formation en sciences de la santé de la sous-région. Relancé en février dernier à Dakar avec un nouveau bureau exécutif et un plan d’action pour 2026, le réseau lance à Lomé la première grande activité de son programme annuel.

Dans son intervention, le représentant de l’OOAS, M. Tome CA, a insisté sur la nécessité d’harmoniser les pratiques documentaires afin de faciliter le partage des connaissances à l’ère du numérique.
« On va prendre une semaine pour partager les informations, pour s’échanger des connaissances, pour organiser nos idées, pour harmoniser ces idées, parce que c’est comme ça que nous devons fonctionner.

L’harmonisation pour nous est obligatoire. Aujourd’hui, nous avons la technologie, donc on n’a plus besoin de bibliothèques avec les portes fermées où les gens vont venir demander la clé pour aller rentrer. Tout ça peut être organisé en ligne, où chacun, n’importe où, peut consulter pour savoir ce qui se passe quelque part. »

Représentant le ministre togolais de la Santé, Dr Abdoukarim Naba Mouchedom, point focal de l’OOAS au Togo, a relevé que la performance des systèmes de santé repose désormais sur la capacité des États à produire, organiser, partager et exploiter efficacement les connaissances scientifiques.
« Les performances de nos systèmes de santé dépendent de plus en plus de notre capacité collective à produire, à organiser, à partager et à utiliser efficacement les connaissances. La documentation scientifique constitue donc le socle de la gestion des connaissances en santé. »

Prenant la parole à son tour, la présidente du ROADIS, Dr Ouattara épse Coulibaly Cécile, a présenté les ambitions de la nouvelle base de données commune, développée sur la plateforme DSpace conformément aux standards internationaux. Elle a notamment mis en lumière le défi de la faible visibilité de la production scientifique africaine.
« L’OOAS permet de relever le défi de la faible visibilité  à peine 2 % de la production scientifique africaine. Cette invisibilité donne, à tort, l’impression que nos chercheurs et nos institutions ne travaillent pas, alors que le domaine de la santé est extrêmement prolifique en matière de production de données. »
Elle a également rappelé que cette plateforme traduit l’engagement du réseau en faveur de la science ouverte.

« Le logiciel que nous utilisons est un logiciel libre, ce qui traduit notre choix pour l’accès libre à l’information. Nous entrons désormais dans l’ère de la science ouverte, qui consiste à rendre la production scientifique librement accessible, tout en respectant certains principes de sensibilité et de confidentialité des données. »


Au terme des cinq jours de travaux, les participants devront harmoniser les normes documentaires, définir des mécanismes durables d’alimentation de la base de données commune, renforcer les capacités des futurs formateurs et finaliser les textes révisés du ROADIS. Une démarche qui contribuera à une meilleure circulation des connaissances scientifiques et à une prise de décision plus efficace au service des politiques de santé dans l’espace CEDEAO.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *