par la rédaction 3 Août 2026
(bulletin info) – Alors que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) poursuit les préparatifs en vue de l’entrée en vigueur progressive de la monnaie unique ECO à partir de 2027, la Guinée vient de réaffirmer avec force son attachement au franc guinéen. Une position assumée par le président Mamadi Doumbouya, qui considère la monnaie nationale comme un pilier de la souveraineté économique du pays.
À l’occasion du Conseil des ministres du 30 juillet 2026, le chef de l’État a rappelé que la Guinée dispose de sa propre monnaie depuis plus de 65 ans. Pour Conakry, le franc guinéen demeure un instrument stratégique permettant à l’État de conduire librement sa politique monétaire et de défendre les intérêts économiques de la nation.
Fidèle à son tempérament de militaire, le président Mamadi Doumbouya a opté pour une ligne claire et sans équivoque : la Guinée entend conserver sa monnaie nationale tant que les conditions ne seront pas réunies pour garantir que l’ECO serve pleinement les intérêts du pays. Cette position n’empêche toutefois pas Conakry de participer aux réflexions régionales, la Guinée ayant été admise au sein de la Task Force présidentielle chargée d’accompagner le processus de mise en œuvre de la future monnaie unique.
Cette prudence est d’autant plus significative que plusieurs grandes économies ouest-africaines continuent pour l’instant de privilégier leurs monnaies nationales. Le Nigeria reste attaché au naira, le Ghana au cedi, la Sierra Leone au leone, le Cap-Vert à l’escudo cap-verdien, tandis que la Gambie conserve le dalasi et le Libéria le dollar libérien. De leur côté, les huit États membres de l’UEMOA poursuivent l’utilisation du franc CFA en attendant 2027.
À cette mosaïque monétaire s’ajoute désormais la dynamique engagée par les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) le Mali, le Burkina Faso et le Niger qui affichent leur volonté de mettre en place, à terme, une monnaie commune propre à leur espace de coopération.
Dans ces conditions, le chantier de l’ECO apparaît plus complexe que jamais. Si les dirigeants de la CEDEAO maintiennent officiellement l’objectif d’un lancement progressif en 2027, la diversité des choix économiques et monétaires des États membres illustre les nombreux défis qui restent à surmonter avant de parvenir à une véritable union monétaire.
Au-delà de la question de la monnaie, le président Mamadi Doumbouya a également appelé son gouvernement à accélérer l’exécution du programme « Simandou 2040 », en insistant sur une culture de résultats et de performance dans l’action publique.
Ainsi, entre affirmation des souverainetés nationales, maintien des monnaies existantes et émergence de nouvelles ambitions monétaires, notamment au sein de l’AES, le projet ECO continue de susciter de nombreuses interrogations. Une question demeure dès lors sur toutes les lèvres : la monnaie unique ouest-africaine verra-t-elle réellement le jour ou risque-t-elle de demeurer une ambition sans cesse repoussée ?
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