Par la rédaction le 6 Août 2026
(bulletin info) – La médecine traditionnelle occupe une place grandissante dans les priorités sanitaires en Afrique de l’Ouest. Réunis à Abuja, au Nigeria, du 1er au 3 juillet 2026, des experts de douze pays de la CEDEAO ont engagé des échanges visant à renforcer la validation scientifique de ces pratiques et à favoriser leur meilleure intégration dans les politiques nationales de santé.
Organisée par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), cette rencontre a rassemblé 42 participants, parmi lesquels des chercheurs, des praticiens, des représentants des ministères de la Santé, des autorités de régulation et des spécialistes de la pharmacopée traditionnelle. Tous avaient le même objectif : faire progresser la médecine traditionnelle en s’appuyant sur des méthodes scientifiques reconnues au niveau international.
Durant les trois jours de travaux, les participants ont suivi une formation sur les Bonnes Pratiques de Fabrication, les Bonnes Pratiques de Laboratoire et les Bonnes Pratiques Cliniques. Ces normes permettent d’assurer la qualité des produits, de renforcer leur sécurité et de mieux démontrer leur efficacité.
Les échanges ont également débouché sur plusieurs décisions importantes. Les participants ont recommandé la mise en place d’un réseau régional de formateurs pour partager ces bonnes pratiques dans les pays membres. Ils ont aussi plaidé pour une meilleure collaboration entre la médecine traditionnelle et la médecine moderne, un soutien accru à la recherche scientifique, la protection des connaissances ancestrales et une harmonisation des règles afin de faciliter la circulation des produits de médecine traditionnelle dans l’espace communautaire, tout en respectant les exigences de qualité et de sécurité.
L’atelier ne s’est pas limité aux discussions. Les délégués ont visité le National Institute for Pharmaceutical Research and Development (NIPRD), spécialisé dans la recherche sur les plantes médicinales, ainsi que Zee’s Pharmacy, une structure engagée dans la commercialisation de produits issus de la pharmacopée africaine. Ces visites leur ont permis de découvrir les méthodes de contrôle, les procédures de recherche et les normes appliquées dans ces établissements.
L’OOAS souhaite ainsi faire de la médecine traditionnelle une composante reconnue et bien encadrée des systèmes de santé ouest-africains. L’ambition est de mieux valoriser les savoirs hérités des générations passées, tout en les adaptant aux exigences scientifiques actuelles, afin d’offrir aux populations des solutions de santé sûres, efficaces et mieux intégrées.

