Par Désiré KOSSI le 10 août 2026
(bulletin info) – Le tribunal d’Atakpamé a mis un terme judiciaire à une affaire qui aura alimenté la peur et la suspicion dans plusieurs quartiers de la ville. Trois personnes qui avaient porté des accusations liées à de prétendues disparitions de sexe ont finalement reconnu le caractère mensonger de leurs déclarations. Elles écopent chacune de douze mois d’emprisonnement, dont onze mois avec sursis.
Tout est parti d’une rumeur devenue particulièrement persistante. Des hommes affirmaient avoir été victimes de la disparition ou de la diminution de leur sexe, désignant certaines personnes comme responsables de ce phénomène présenté comme mystérieux. Relayées de bouche à oreille puis amplifiées sur les réseaux sociaux, ces accusations ont rapidement créé un climat de tension.
Le premier dossier remonte au 20 juillet 2026. Un jeune homme avait saisi la justice en accusant trois agents de connexion d’avoir provoqué la disparition de son sexe. Le 28 juillet, un autre plaignant formulait une accusation similaire contre un chauffeur. Le lendemain, 29 juillet, un conducteur de taxi-moto se présentait à son tour comme victime et mettait une autre personne en cause.
La multiplication de ces accusations a progressivement fait monter la tension. Des attroupements se sont formés autour de certaines personnes désignées comme responsables, faisant planer le risque d’une intervention de la foule en dehors de tout cadre légal.
Le dossier a donc été porté devant la juridiction compétente. Les différentes parties ont été entendues et les déclarations des plaignants confrontées aux éléments du dossier. Les examens médicaux effectués n’ont fait apparaître aucune anomalie permettant d’établir la réalité des faits dénoncés.
Les principaux intéressés ont finalement reconnu devant le tribunal avoir formulé de fausses accusations.L’un d’eux a déclaré à la barre : « J’avais porté une fausse accusation de diminution de mon sexe. Je présente mes excuses au tribunal et à tout le monde. »
Un autre a reconnu avoir injustement accusé son beau-frère : « Je reconnais que mon sexe est bien là. Ce que je disais était faux. J’ai accusé mon beau-frère à tort. Ce n’est pas la réalité. »
Ces aveux ont permis à la juridiction de mieux apprécier la portée des accusations initialement portées et leurs conséquences sur les personnes mises en cause.
Présidant les audiences, Koffi Balouki a retenu plusieurs chefs d’infraction contre les trois plaignants. Ceux-ci ont notamment été reconnus coupables de dénonciation calomnieuse, pour avoir porté de fausses accusations contre des personnes innocentes, d’exposition d’autrui à un risque, compte tenu du danger créé par leurs déclarations, ainsi que de violences volontaires, en raison de leur implication dans des attroupements hostiles.
La juridiction a prononcé contre chacun une peine de douze mois d’emprisonnement, dont onze mois avec sursis, soit un mois de prison ferme.
La décision revêt une dimension particulière dans un contexte où les rumeurs diffusées sans vérification peuvent rapidement provoquer des mouvements de foule et mettre des vies en danger. Le tribunal rappelle ainsi que l’établissement des faits et la détermination des responsabilités relèvent exclusivement de la justice.
Le verdict constitue également un avertissement contre la justice populaire et les accusations infondées. En sanctionnant les faits retenus contre les plaignants, la juridiction entend réaffirmer la nécessité de recourir aux voies légales et de préserver la sécurité ainsi que l’intégrité des personnes.
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