Par Désiré KOSSI
(Bulletin Info) – Faire de l’accès à l’eau potable une réalité pour l’ensemble des populations à l’horizon 2030 : le Togo affiche une volonté politique soutenue et multiplie les investissements pour renforcer durablement ses infrastructures hydrauliques. De Lomé aux zones rurales, le gouvernement entend agir sur l’ensemble de la chaîne, de la production à la distribution, afin de répondre aux besoins croissants des populations.

Cette orientation s’inscrit dans la mise en œuvre de l’Objectif de développement durable (ODD) 6, consacré à l’accès universel à l’eau et à l’assainissement. Elle traduit également la volonté des pouvoirs publics de réduire les disparités territoriales et de rapprocher progressivement les services essentiels des populations, notamment dans les localités encore insuffisamment desservies.
Dans le Grand Lomé, cette ambition se concrétise notamment par la deuxième phase du projet d’adduction d’eau potable Lomé 2. Doté d’un financement de 9,84 milliards de francs CFA, le projet prévoit une augmentation de la production de 15 000 m³ d’eau potable par jour, ainsi que la construction de cinq châteaux d’eau à Zossimé, Alinka, Logoté/Sagbado, Attiégou et Dangbessito. L’extension des réseaux de distribution devrait permettre de desservir plus de 200 000 habitants supplémentaires.

La stratégie gouvernementale ne se limite toutefois pas aux grands centres urbains. Dans les zones rurales et semi-rurales, l’accent est mis sur des solutions adaptées aux réalités locales. Lancé en 2021, le programme des postes d’eau autonomes (PEA) prévoit la réalisation de 1 000 infrastructures dans les localités les plus reculées. Entre 2021 et 2022, 221 PEA avaient déjà été réalisés, permettant d’améliorer l’accès à l’eau potable pour plus de 120 000 personnes.
Dans les régions des Plateaux et de la Centrale, les investissements se poursuivent également avec la programmation de 17 mini-adductions d’eau potable et 15 PEA alimentés à l’énergie solaire, au bénéfice de 32 localités. L’enveloppe consacrée à ces infrastructures est estimée à 2,5 milliards de francs CFA.
Les Savanes figurent elles aussi parmi les territoires ciblés par cette politique d’extension des services hydrauliques. Avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD), le gouvernement prévoit notamment de renforcer les infrastructures à Dapaong, Cinkassé, Tandjouaré, Korbongou, Gando et Mandouri. Le programme comprend la construction d’un centre de traitement d’une capacité de 11 300 m³ par jour, la modernisation et l’extension des réseaux, ainsi que la réalisation de branchements et de bornes-fontaines.
À travers ces différents projets, l’exécutif affiche une approche fondée sur le renforcement simultané de la production, du stockage et de la distribution. L’objectif est de consolider les capacités du secteur tout en réduisant progressivement les inégalités d’accès entre les territoires.
Au-delà des infrastructures, cette politique traduit ainsi une orientation claire : faire de l’eau potable un service essentiel accessible au plus grand nombre. À l’horizon 2030, le Togo entend poursuivre la mobilisation des ressources publiques et des financements extérieurs afin d’accélérer cette transformation et de rapprocher davantage le pays de l’accès universel à l’eau potable.
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