Dix années d’actions du HCRRUN : une large adhésion des bénéficiaires aux mécanismes de réparation

par la rédaction le 23 Décembre 2025

(Bulletin info) – Les bénéficiaires du programme de réparations mis en œuvre par le Haut-Commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) ont exprimé une satisfaction quasi unanime quant aux actions menées depuis une décennie. Les réparations communautaires et individuelles, ainsi que la prise en charge des orphelins, ont été largement saluées par les populations concernées.

 

Selon le président de l’Association internationale des médecins pour la promotion de l’éducation et de la santé en Afrique (AIMES-AFRIQUE), le Dr Kodom Michel, appuyé par un sondage réalisé par une équipe de journalistes sous la coordination du HCRRUN, plus de 98 % des bénéficiaires se déclarent satisfaits des réparations engagées dans le cadre du bilan des dix ans d’activités de l’institution.

Des réparations communautaires porteuses de cohésion sociale

Dans plusieurs localités du pays, le HCRRUN a réalisé des infrastructures destinées à favoriser le vivre-ensemble et à tourner la page des divisions du passé. À Barkoissi, dans la préfecture de l’Oti, la construction d’un forage a contribué à resserrer les liens entre les communautés autour du partage d’une ressource vitale. La maire sortante de l’Oti 2, Mme Landani Yentroulengue, a souligné que cette réalisation a favorisé l’oubli des rancœurs et renforcé la réconciliation locale.

À Sotouboua, la construction d’une école primaire publique à Pouwèdéou a permis de rapprocher l’éducation des enfants des zones rurales. Le directeur de l’établissement, Potcho Palabassi, a exprimé la reconnaissance de toute la population envers le HCRRUN pour cette infrastructure qui facilite désormais la scolarisation.

À Blitta, la mise en service d’un centre médicosocial à Niki-Niki a considérablement amélioré l’accès aux soins, notamment pour les femmes enceintes. Mme Pozi Mèhèza, accoucheuse auxiliaire d’État, a relevé que cette infrastructure, complétée par un pont et un forage, a soulagé les populations contraintes autrefois de parcourir de longues distances pour se soigner.

Dans la préfecture de Kpélé, une école primaire à Médjé et un centre de retrouvaille en construction à Bodjé témoignent également de l’engagement du HCRRUN en faveur de la cohésion sociale. Les responsables éducatifs et les populations locales ont unanimement salué ces réalisations.

Des réparations mémorielles pour honorer l’histoire nationale

En complément des réparations communautaires, le HCRRUN a initié des actions mémorielles visant à rendre hommage aux grandes figures ayant marqué l’histoire nationale. À Siou, dans la préfecture de la Doufelgou, la construction du caveau du feu président Kléber Dadjo illustre cette volonté de reconnaissance et de transmission de la mémoire collective.

Une attention particulière aux orphelins

Le HCRRUN a également accordé une place importante à la prise en charge des orphelins des événements de 2005. À Dapaong, Mlle Waldja Gadjiman, aujourd’hui maîtresse tisserande, a pu bénéficier d’une formation professionnelle et de l’acquisition de matériel grâce au soutien du HCRRUN, lui permettant désormais de subvenir à ses besoins.

À Tsévié, les sœurs Logo Divine Abigaël, en classe de Terminale, et Logo Afi Prudence, en Troisième, poursuivent leur scolarité dans la sérénité grâce à l’appui de l’institution. Elles ont exprimé leur reconnaissance et leur détermination à réussir leurs examens.

Des réparations individuelles à fort impact socio-économique

Dans les régions des Savanes, de la Kara, de la Centrale, des Plateaux et de la Maritime, de nombreux bénéficiaires ont témoigné des effets positifs des réparations individuelles. Les indemnisations ont permis la réhabilitation de logements, la relance d’activités génératrices de revenus, l’accès aux soins médicaux ou encore la scolarisation des enfants.

À Cinkassé, Mme Lamboni Minkiboatib a pu sécuriser le patrimoine familial et soutenir l’apprentissage de ses enfants. À Dapaong, une famille a pu reconstituer son cheptel perdu. À Tandjouaré, un bénéficiaire a investi dans l’agriculture et l’éducation de ses enfants, exprimant un taux de satisfaction qu’il estime « au-delà de 100 % ».

Dans la région de la Kara, des bénéficiaires ont salué l’amélioration de la prise en charge sanitaire et le renforcement des relations intercommunautaires, notamment entre Konkomba et Mossi, jadis affectées par des conflits.

Un engagement institutionnel salué

Cette satisfaction générale des bénéficiaires s’inscrit, selon le HCRRUN, dans la vision de restauration de la confiance nationale impulsée par les plus hautes autorités du pays, sous la conduite de la présidente du HCRRUN, Mme Awa Nana-Daboya. Pour cette dernière, ces dix années ne constituent qu’une étape intermédiaire, les perspectives d’avenir demeurant axées sur l’éducation à la paix, la citoyenneté, la non-répétition des conflits et le renforcement du vivre-ensemble.

Des psychologues, des personnes ressources, ainsi que des partenaires tels qu’AIMES-Afrique ont été mobilisés pour assurer le suivi psycho-médical des victimes, avec l’appui des Comités locaux de paix, afin de consolider durablement la réconciliation nationale.

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