par Désiré KOSSI le 26 décembre 2026
(Bulletin info) – C’est avec un sourire soigneusement affiché qu’Ibrahim Traoré a finalement foulé le sol malien, mardi 23 décembre, pour prendre part au deuxième sommet des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES). Attendu dès la veille à Bamako, le président burkinabè n’a rejoint ses homologues qu’au petit matin, lorsque l’aéronef de l’armée de l’air du Burkina Faso s’est posé aux alentours de 8 heures, heure locale.
Accueilli avec les honneurs par le général Assimi Goïta, chef de l’État malien, Ibrahim Traoré s’est prêté au rituel protocolaire, posant pour une photographie officielle aux côtés de ses pairs, en apparence dans une parfaite harmonie. Mais derrière cette mise en scène de cordialité, ce retard, loin d’être anodin, témoigne des tensions latentes qui traversent le trio dirigeant formé par le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Dans une alliance présentée comme soudée face aux défis sécuritaires, diplomatiques et économiques du Sahel, les équilibres demeurent fragiles. Les divergences de priorités, de méthodes et de leadership s’expriment désormais à mots couverts, parfois à travers des gestes symboliques, tel ce décalage dans l’agenda présidentiel. En diplomatie régionale, le temps n’est jamais neutre.
Ainsi, si les sourires étaient de rigueur sur le tarmac de Bamako, le retard du capitaine Traoré apparaît comme un signal discret mais éloquent. Il rappelle que l’AES, encore en quête de consolidation, reste traversée par des rapports de force internes, où chaque chef d’État s’emploie à affirmer sa place et son influence au sein d’un attelage sahélien aussi stratégique que délicat.

