Par Désiré KOSSI le 8 janvier 2026
(Bulletin info) – Les autorités burkinabè ont annoncé avoir mis en échec, une fois encore, une tentative de déstabilisation du régime en place, laquelle aurait visé, selon leurs déclarations, à éliminer le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré. La junte au pouvoir désigne l’ancien président de la transition, le lieutenant-colonel déchu Paul-Henri Sandaogo Damiba, comme l’instigateur principal de ce complot présumé.
S’exprimant à la télévision nationale, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a affirmé que le Burkina Faso avait « déjoué pour la énième fois une tentative de déstabilisation ». Selon lui, une opération devait être menée dans la nuit du 3 janvier 2026, aux alentours de 23 heures, et reposait sur une série d’assassinats ciblés contre des responsables civils et militaires. La neutralisation du capitaine Ibrahim Traoré aurait constitué la première étape de ce plan, envisagée soit par une attaque directe, soit par une action visant à piéger son domicile.
Le ministre a précisé que cette phase initiale devait être suivie par la mise hors service de la base de drones ainsi que par une intervention militaire terrestre impliquant des forces extérieures. Aucune information supplémentaire n’a toutefois été communiquée à ce stade, les autorités invoquant la nécessité de préserver le bon déroulement des investigations en cours.
Toujours selon Mahamadou Sana, « l’acteur principal » de cette entreprise serait Paul-Henri Sandaogo Damiba, renversé en septembre 2022 et actuellement en exil au Togo. L’ancien lieutenant-colonel aurait été chargé de la conception et de la planification des opérations, de la mobilisation des ressources financières, ainsi que du recrutement de soutiens civils et militaires. Une part substantielle des financements proviendrait de la Côte d’Ivoire, la dernière opération financière évoquée s’élevant à 70 millions de francs CFA, soit environ 106 000 euros. Le ministre a par ailleurs indiqué que plusieurs personnes avaient été interpellées et que les arrestations se poursuivaient.
La télévision nationale a diffusé le témoignage d’un homme présenté comme un commerçant et décrit comme un maillon essentiel du dispositif. Celui-ci a reconnu s’être rendu en Côte d’Ivoire afin d’y récupérer les fonds mentionnés, sur instruction directe de l’ancien chef de la transition.
Accusations récurrentes et tensions régionales
Le Burkina Faso est dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré depuis septembre 2022, à la suite d’un coup d’État ayant renversé Paul-Henri Sandaogo Damiba, lui-même arrivé au pouvoir quelques mois plus tôt après l’éviction du président élu Roch Marc Christian Kaboré.
Depuis son accession à la tête de l’État, la junte affirme à plusieurs reprises avoir déjoué des complots visant à la renverser. Le plus récent, annoncé en avril 2025, aurait également impliqué des réseaux opérant depuis la Côte d’Ivoire, selon les autorités burkinabè, qui avaient alors procédé à l’arrestation d’une dizaine d’officiers et de sous-officiers.
Les relations entre Ouagadougou et Abidjan se sont progressivement détériorées depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Traoré. Celui-ci accuse régulièrement la Côte d’Ivoire d’abriter une « base arrière » destinée à soutenir des actions de déstabilisation contre le Burkina Faso. Des accusations systématiquement rejetées par les autorités ivoiriennes, lesquelles réclament, à ce jour, la présentation de preuves tangibles.

