VIH au Togo : des progrès solides sous la pression des financements

par Désiré KOSSI le 6 Août  2026

(bulletin info) – Le Togo continue d’afficher des résultats encourageants dans la lutte contre le VIH, mais l’avenir de cette dynamique dépendra de sa capacité à faire face à la baisse des financements internationaux. C’est l’un des principaux enseignements de la revue annuelle 2025 de la riposte nationale au VIH et au Sida, ouverte le mardi 4 août à Lomé par le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles (SP/CNLS-IST).

 

Réunissant autorités gouvernementales, responsables sanitaires, partenaires techniques et financiers, organisations de la société civile, représentants des communautés, secteur privé et médias, cette rencontre de deux jours est consacrée à l’examen des performances enregistrées en 2025 ainsi qu’à l’identification des stratégies destinées à garantir la continuité des programmes. Les travaux se déroulent sous le thème : « Réduction des financements et pérennité des programmes : quels sont les défis? ».

 

Le coordonnateur national du SP/CNLS-IST, le Professeur Pitche Palokinam Vincent, a d’entrée présenté les principaux résultats de la riposte nationale. Il a salué les avancées réalisées grâce aux efforts conjugués de l’État, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile et des communautés, tout en soulignant que la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, la protection des adolescents et la mobilisation accrue des ressources nationales demeurent des priorités.

 

Le Directeur pays de l’ONUSIDA, Dr Christian Mouala, a, pour sa part, félicité le Togo pour les progrès accomplis ces dernières années et réaffirmé l’engagement de son institution à poursuivre son accompagnement malgré un contexte international marqué par une contraction des ressources financières.

 

Ouvrant officiellement les travaux, le Secrétaire général du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Dr Wotobé Kokou, a rappelé que cette revue constitue un exercice indispensable d’évaluation des performances et d’orientation des politiques publiques, appelant les participants à formuler des recommandations capables de consolider les acquis.

Les données présentées témoignent d’une évolution favorable de la situation épidémiologique. En 2025, la prévalence nationale du VIH est estimée à 1,6 %, confirmant une tendance baissière observée depuis plusieurs années. Entre 2010 et 2025, le pays est parvenu à réduire de 70 % le nombre de nouvelles infections, passé de 7 100 à 2 100 cas. Sur la même période, les décès liés au Sida ont reculé de 73 %, illustrant les effets des politiques de prévention et de prise en charge.
Les résultats obtenus en matière de prévention restent également significatifs. Au cours de l’année 2025, 2 367 586 personnes ont été sensibilisées aux comportements favorables à la prévention du VIH. Un nombre identique de personnes a bénéficié d’actions de sensibilisation sur les violences basées sur le genre. En parallèle, 26 318 206 préservatifs ont été distribués à travers le pays, tandis que 650 142 personnes ont effectué un dépistage du VIH.

 

Chez les femmes enceintes, 279 080, représentant 89,44 % de la cible attendue, ont été dépistées. Les efforts se poursuivent également pour prévenir la transmission mère-enfant. Ainsi, 3 096 nouveau-nés de mères vivant avec le VIH ont reçu une prophylaxie antirétrovirale. Les indicateurs montrent un taux de séropositivité de 1,17 % chez les nourrissons âgés de six semaines, tandis que le taux de transmission du VIH de la mère à l’enfant est estimé à 11,3 % à l’âge de 18 mois.

 

Les performances enregistrées dans le domaine des soins demeurent particulièrement élevées. Sur une estimation nationale de 100 000 personnes vivant avec le VIH, 95 185 étaient suivies dans les structures de prise en charge en 2025. Parmi elles, 95 038 bénéficiaient d’un traitement antirétroviral, soit un taux d’arrimage exceptionnel de 99,85 %, traduisant l’efficacité du système national de prise en charge.

 

La lutte contre la stigmatisation continue également de progresser. Le pays dispose désormais de 107 cellules de veille chargées de prévenir les discriminations et les violences liées au VIH. Au cours de l’année, 165 victimes ont bénéficié d’une assistance juridique.

 

Sur le plan financier, les dépenses consacrées à la riposte contre le VIH ont atteint 19,37 milliards de francs CFA en 2025. Toutefois, 86,44 % de ce financement provient encore des partenaires techniques et financiers, contre seulement 13,52 % assurés par les ressources nationales. Une dépendance qui nourrit les inquiétudes dans un contexte de diminution progressive des appuis extérieurs.

 

Les participants à cette revue estiment ainsi que le renforcement du financement domestique, la diversification des mécanismes de mobilisation des ressources et le maintien d’une coordination multisectorielle efficace constituent désormais des conditions essentielles pour préserver les acquis enregistrés et poursuivre les progrès vers le contrôle durable de l’épidémie au Togo.

 

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