Togo : une vaste concertation nationale lancée pour orienter l’action gouvernementale de 2026 à 2031

Par Désiré KOSSI le 13 Mai 2026

(Bulletin info) – Le Togo vient de franchir une nouvelle étape dans la consolidation de sa gouvernance institutionnelle avec le lancement officiel des consultations nationales devant conduire à l’élaboration de la feuille de route gouvernementale 2026-2031. À travers cette initiative, le premier gouvernement de la Vème République affiche sa volonté de bâtir une vision de développement fondée sur l’écoute, l’inclusion et la participation de toutes les forces vives de la nation.

 

La cérémonie inaugurale, organisée à Lomé, a rassemblé des représentants des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers, du secteur privé, des collectivités territoriales, des organisations communautaires ainsi que des acteurs de la société civile. Cette rencontre marque le point de départ d’un vaste processus de dialogue national appelé à se poursuivre dans les différentes régions du pays.


Conduits par Dr Sandra Ablamba Johnson, ministre et Secrétaire générale de la Présidence du Conseil, les travaux traduisent la volonté des nouvelles institutions de la Vème République d’instaurer une gouvernance davantage participative et orientée vers les attentes réelles des populations. Représentant le Président du Conseil, elle a rappelé que cette démarche s’inscrit dans la continuité du message adressé à la Nation le 27 avril dernier, dans lequel un appel avait été lancé à une mobilisation collective autour des grandes priorités nationales.

À travers ces consultations, les autorités ambitionnent de recueillir les contributions des différents acteurs afin de construire une feuille de route capable de répondre aux défis économiques, sociaux, technologiques et sécuritaires des prochaines années. Le gouvernement entend ainsi associer les citoyens à la définition des politiques publiques qui orienteront l’action de l’État entre 2026 et 2031.


Les premières discussions ont porté sur l’évaluation de la précédente feuille de route gouvernementale. Les données présentées font état d’une progression soutenue de l’économie nationale avec une croissance moyenne estimée à près de 6 %. Le produit intérieur brut a dépassé les 6 900 milliards de FCFA, tandis que le revenu par habitant connaît une évolution positive. Les autorités ont également mis en avant la maîtrise de l’inflation, maintenue à un niveau inférieur aux seuils régionaux.

Sur le plan des réformes structurelles, le gouvernement souligne les avancées enregistrées dans l’amélioration du climat des affaires et dans la promotion de l’investissement privé. Plusieurs classements internationaux témoigneraient des efforts engagés ces dernières années pour renforcer l’attractivité économique du pays et moderniser les cadres réglementaires.

Les performances sociales ont également occupé une place importante au cours des échanges. Le dispositif d’assurance maladie universelle couvre désormais plus de 4,4 millions de personnes, tandis que le programme WEZOU continue d’élargir l’accès aux soins pour les femmes enceintes. L’accès à l’électricité poursuit également sa progression avec un taux de couverture supérieur à 75 % de la population. Dans le même temps, les mécanismes de finance inclusive ont permis de soutenir près de deux millions de bénéficiaires à travers des financements dépassant les 118 milliards de FCFA.

Malgré ces acquis, les autorités reconnaissent que le contexte international impose de nouvelles exigences. Les tensions sécuritaires dans la sous-région, les incertitudes économiques mondiales et l’accélération des mutations technologiques nécessitent une adaptation permanente des politiques publiques et un renforcement de la résilience nationale.

La future feuille de route gouvernementale reposera ainsi sur trois axes majeurs : la consolidation de la stabilité et de la protection des populations, le renforcement de la cohésion sociale et institutionnelle, ainsi que l’accélération de la transformation économique dans une logique d’inclusion et de compétitivité.


Dans son intervention, Dr Sandra Ablamba Johnson a insisté sur l’importance d’une planification rigoureuse fondée sur des objectifs clairs, des indicateurs précis et une coordination renforcée entre les administrations publiques. Selon elle, l’efficacité de l’action gouvernementale dépendra de la capacité des institutions à travailler de manière cohérente et concertée autour des priorités nationales.

Par cette démarche consultative, le premier gouvernement de la Vème République entend poser les bases d’une gouvernance plus ouverte, plus participative et davantage orientée vers les résultats. Les différentes contributions issues des consultations nationales seront intégrées au document final qui servira de boussole stratégique pour l’action publique au cours des cinq prochaines années.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *