par Désiré KOSSI le 26 juin 2026
(Bulletin info) Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a consacré son rendez-vous hebdomadaire « Je Dis Politique », tenu le jeudi 25 juin 2026, aux problèmes récurrents des délestages, des inondations et de la tarification des compteurs prépayés de la Togolaise des Eaux (TDE) et de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET).
Devant une forte mobilisation des militants, sympathisants et responsables du parti, le président national du CAR, Yao Daté, a dressé un diagnostic sévère de ces difficultés qui affectent quotidiennement les populations, tout en proposant plusieurs pistes de solutions.
Le CAR met de côté les débats politiques pour s’intéresser aux préoccupations sociales
Prenant la parole à l’ouverture de la rencontre, Yao Daté a expliqué le choix du thème du jour, centré sur les préoccupations sociales.
« Pour cette édition, nous avons volontairement mis de côté les débats strictement politiques afin de nous intéresser à des préoccupations sociales qui affectent directement les populations. Le premier sujet concernait les inondations récurrentes à Lomé. Aujourd’hui, il est devenu difficile pour de nombreux habitants de quitter leur domicile sans marcher dans l’eau. Cette situation perdure depuis plusieurs décennies, alors que le pays est dirigé par le même système. C’est une réalité préoccupante»,
a déclaré le président national du CAR.
Selon lui, les inondations ne se limitent plus à quelques quartiers isolés. Elles touchent plusieurs marchés, notamment le Grand Marché de Lomé, Hédzranawoé et le nouveau marché de Tsévié, ainsi que de nombreux quartiers de la capitale et plusieurs localités de l’intérieur du pays, où les crues rendent certaines zones pratiquement inaccessibles durant la saison des pluies.
Le parti appelle à une meilleure gestion des ouvrages d’assainissement
Face à cette situation, le président du CAR estime que des solutions techniques existent, à condition qu’elles soient appliquées avec rigueur.
« Nous avons proposé plusieurs pistes de solutions. Il est notamment indispensable de procéder au curage et au débouchage des collecteurs d’eau, en particulier dans le Grand Marché de Lomé, où les commerçantes exercent leurs activités dans des conditions insalubres. Cette situation constitue un véritable risque pour la santé publique, notamment en ce qui concerne les denrées alimentaires destinées à la consommation. Nous avons également insisté sur la nécessité que les différents projets d’assainissement soient mis en œuvre avec efficacité et transparence, afin qu’ils produisent des résultats concrets. Nous attirons aussi l’attention sur le fait que les solutions techniques retenues ne doivent pas entraîner une infiltration des eaux de surface vers les nappes phréatiques, au risque de les polluer durablement », a-t-il souligné.
Le CAR recommande notamment le débouchage des égouts du Grand Marché de Lomé, l’installation de pompes de relevage au marché de Hédzranawoé, l’assainissement du nouveau marché de Tsévié, ainsi que la mise en œuvre d’un vaste plan d’assainissement du Grand Lomé pour apporter une réponse durable aux inondations.
Délestages : le CAR réclame un bilan des investissements énergétiques
Le parti s’est également longuement attardé sur les coupures récurrentes d’électricité qui affectent le pays, particulièrement entre janvier et juin.
Selon Yao Daté, le remplacement fréquent des directeurs généraux de la CEET ne saurait constituer une réponse suffisante à un problème devenu structurel. Le CAR demande au gouvernement et à la CEET de présenter un bilan des investissements réalisés dans les centrales thermiques et solaires, notamment la centrale solaire de Blitta, financées grâce à des emprunts que les citoyens devront rembourser.
Le parti interpelle également la CEET sur les fonds destinés à l’éclairage public, prélevés à raison de cinq francs CFA par kilowattheure consommé, alors que de nombreux axes routiers demeurent insuffisamment éclairés.
Il dénonce aussi l’absence d’intervention rapide pour redresser les nombreux poteaux électriques tombés dans plusieurs quartiers de Lomé, exposant ainsi les populations à de graves risques en cette saison des pluies.
Tarification des compteurs prépayés : le CAR dénonce une injustice
Abordant la question de la facturation de l’eau et de l’électricité, le président du CAR estime que les abonnés utilisant les compteurs prépayés supportent des coûts plus élevés que ceux soumis à la facturation classique.
« Nous estimons qu’il existe une injustice dans la tarification appliquée aux abonnés utilisant les compteurs prépayés de la TDE et de la CEET. En principe, le système prépayé devrait être plus avantageux ou, à tout le moins, équivalent au système de facturation classique. Pourtant, nous constatons que les consommateurs en prépaiement paient davantage », a affirmé Yao Daté.
Illustrant ses propos par plusieurs exemples chiffrés, il a indiqué qu’un client de la TDE débourse environ 3 000 FCFA pour près de 5,3 mètres cubes d’eau, alors qu’un abonné en facturation classique paie environ 2 750 FCFA pour dix mètres cubes. De même, selon lui, certains abonnés prépayés de la CEET versent près de 12 000 FCFA pour 100 kilowattheures d’électricité, contre environ 6 000 FCFA pour les clients facturés de manière classique.
« Nous demandons donc à ces deux sociétés de revoir leur politique tarifaire afin de garantir une plus grande équité entre les différents types d’abonnés », a conclu le président du CAR.
Les principales recommandations du CAR
Au terme de cette séance de « Je Dis Politique », marquée une nouvelle fois par une forte mobilisation des militants et sympathisants du parti, le CAR a formulé plusieurs recommandations : établir le bilan des centrales thermiques et solaires, exonérer les équipements destinés à la production d’énergie solaire pour les ménages, redresser les poteaux électriques endommagés, renforcer l’éclairage public, assainir durablement les marchés et les quartiers exposés aux inondations, sensibiliser les populations à ne pas s’installer dans les zones inondables et accélérer la mise en œuvre des grands projets d’assainissement, notamment le projet RAINE.
Le parti estime enfin que la lutte contre la corruption demeure une condition essentielle pour améliorer durablement la gouvernance publique et appelle les forces vives de la nation, en particulier les responsables religieux, à favoriser un dialogue politique inclusif en vue d’une refondation du pays.

