Par Désiré KOSSI le 28 juin 2026
(bulletin info) – Longtemps restées dans l’ombre malgré leur contribution essentielle à la sécurité alimentaire et au développement rural, les femmes agricultrices sont mises à l’honneur en 2026. Au Togo, le gouvernement a officiellement lancé, le vendredi 26 juin à Lomé, la célébration de l’Année internationale des agricultrices, proclamée par les Nations unies.

Placée sous le thème « Des femmes autonomes transformant les systèmes agroalimentaires », cette initiative entend renforcer la reconnaissance du rôle des femmes dans le secteur agricole et accélérer leur autonomisation.
La cérémonie de lancement s’est déroulée au cours d’une conférence de presse présidée par le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, Konlani Dindiogue.
Coordonnée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), cette célébration permettra aux décideurs d’évaluer les progrès réalisés en matière d’autonomisation des femmes, d’identifier les obstacles qui persistent et de définir de nouvelles orientations en faveur d’une agriculture plus inclusive.

Le directeur de cabinet a indiqué que « cette célébration est une opportunité pour le Togo de mesurer le chemin parcouru et surtout d’insuffler une nouvelle dynamique en faveur des femmes agricultrices ». Il a ajouté que « le gouvernement togolais réaffirme son engagement à transformer nos systèmes agroalimentaires à travers la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation économique des femmes ».

Le chef du bureau de la FAO au Togo, Djiwa Oyétoundé, représentant du système des Nations unies, a rappelé que cette année internationale est l’occasion de saluer la contribution des femmes aux systèmes agroalimentaires tout en intensifiant les actions visant à améliorer leur accès à la terre, aux technologies, au financement et aux instances de décision.
La coordinatrice de la Cellule d’appui à l’autonomisation de la femme rurale, Agbégonou Kayi, a présenté les principales réformes entreprises par le gouvernement en faveur des femmes. Elle a notamment évoqué le renforcement de leurs droits à travers le Code des personnes et de la famille, la loi sur la parité ainsi que la criminalisation des violences basées sur le genre.
Elle a également souligné les mesures prises pour promouvoir la scolarisation des jeunes filles, notamment la gratuité de l’école primaire, les campagnes de sensibilisation, les bourses et les programmes de mentorat. Sur le plan économique, elle a cité le Fonds national de la finance inclusive (FNFI), le Projet d’autonomisation des femmes rurales et le Projet d’appui au mécanisme incitatif de financement agricole, qui facilitent l’accès des femmes aux financements.
Mme Kayi a, en outre, annoncé que les journées du 31 juillet et du 15 octobre, dédiées aux femmes, seront marquées par des activités de sensibilisation, des formations en éducation financière ainsi qu’en techniques de production, de transformation et de commercialisation des produits agricoles, en collaboration avec la Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP).
Les organisations coopératives féminines présentes à la conférence ont salué cette initiative. La présidente de l’Union coopérative des femmes du canton de Yokélé (Kloto 1), Avossa Abra, a déclaré : « Les femmes nourrissent leurs familles, leurs communautés et contribuent à l’économie, pourtant elles demeurent insuffisamment reconnues et valorisées. Nous attendons que les engagements pris en faveur de la femme agricultrice se traduisent par des actions concrètes. »
Même satisfaction chez Kolani Rosine, élève à l’IFAD de Barkoissi, qui estime que « cette initiative nous permet de mieux comprendre les défis des femmes agricultrices et les solutions à mettre en œuvre ».

