Africa Forward 2026 : à Nairobi, le Togo défend une diplomatie africaine de paix pour les Grands Lacs

Par Désiré KOSSI le 16 mai 2026

(Bulletin info) – Réuni à Nairobi dans le cadre du Sommet Africa Forward 2026, le Togo a réaffirmé sa volonté de promouvoir une résolution africaine des crises qui secouent le continent. Représentant le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, le président de l’Assemblée nationale, Prof. Komi Selom Klassou, a porté un message centré sur la souveraineté africaine, le dialogue et la responsabilité régionale dans la gestion des conflits, notamment dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Devant plusieurs dirigeants africains et partenaires internationaux, parmi lesquels le président kényan William Ruto, le président français Emmanuel Macron, le président en exercice de l’Union africaine Évariste Ndayishimiye ainsi que le secrétaire général des Nations Unies António Guterres, le représentant togolais a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de prendre en main son propre destin sécuritaire.

Dans son intervention lors de la table ronde consacrée à la paix et à la sécurité, Prof. Komi Selom Klassou a rappelé que le continent ne pouvait plus rester un simple espace d’intervention extérieure face aux crises répétitives.
« L’Afrique ne peut plus se permettre d’être un simple terrain de gestion des crises. Elle doit devenir l’architecte de sa propre stabilité », a-t-il déclaré, soulignant que cette stabilité demeure indispensable à une exploitation souveraine des ressources et des potentialités du continent.

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de la médiation confiée au Président du Conseil togolais par l’Union africaine dans la crise qui secoue la région des Grands Lacs. Pour Lomé, la recherche d’une solution durable passe avant tout par une approche politique fondée sur la concertation entre les acteurs concernés.
Le message transmis par le Togo a également mis l’accent sur la portée symbolique de la médiation africaine. Selon les autorités togolaises, celle-ci ne saurait se limiter à une démarche diplomatique classique, mais constitue avant tout un acte de souveraineté continentale.
« La médiation n’est pas qu’une simple procédure diplomatique. C’est un acte de pleine souveraineté », a affirmé Prof. Klassou, plaidant pour des solutions conçues et portées par les Africains eux-mêmes.

Le Togo défend ainsi une coopération internationale basée sur l’accompagnement plutôt que sur la substitution. Les autorités togolaises estiment que la connaissance des réalités locales, l’implication des États voisins et la responsabilité des acteurs régionaux demeurent des conditions essentielles à une paix durable.


Trois principes structurent d’ailleurs l’approche togolaise dans cette médiation : le dialogue direct entre toutes les parties prenantes, une neutralité active dans la conduite des discussions et une solidarité régionale renforcée face aux menaces sécuritaires.
En conclusion, le représentant togolais a appelé à un engagement collectif et patient pour restaurer la stabilité dans la région des Grands Lacs.
« La paix ne se décrète pas. C’est une construction patiente », a-t-il insisté, invitant l’ensemble des partenaires à œuvrer pour « bâtir des ponts et non des murs ».


Par cette intervention remarquée à Nairobi, le Togo confirme sa volonté de jouer un rôle actif dans les efforts africains de médiation et de consolidation de la paix. Une orientation diplomatique qui traduit l’ambition de faire de la stabilité régionale le fondement d’une Afrique plus souveraine, résiliente et tournée vers un développement partagé.

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