Commande publique : quatre jours pour bâtir une stratégie nationale

Par Désiré KOSSI le 8 juillet 2026

(bulletin info) – Le Togo amorce une nouvelle étape dans la modernisation de son système de commande publique. À travers l’élaboration d’une stratégie nationale de renforcement des capacités, le pays entend professionnaliser durablement les acteurs du secteur afin d’améliorer la qualité des marchés publics, d’accélérer l’exécution des investissements et de consolider la gouvernance publique.


Cette ambition a pris corps, mardi 7 juillet à Lomé, avec l’ouverture d’un atelier de validation du rapport de diagnostic consacré au niveau de connaissances et de compétences des acteurs de la commande publique. Les travaux, qui se poursuivront jusqu’au 10 juillet, réunissent des représentants de l’administration publique, des collectivités territoriales, de la société civile, des médias, de l’Ordre des avocats, du secteur privé ainsi que d’autres partenaires concernés.


Cette rencontre constitue une étape déterminante dans l’élaboration d’une stratégie nationale couvrant les cinq prochaines années. Le rapport diagnostic, élaboré à l’issue d’une collecte de données auprès des différentes catégories d’acteurs, sera enrichi et validé afin de dégager une vision partagée des besoins en renforcement des capacités.


Un diagnostic au service d’une réforme durable
Au-delà de la validation d’un document technique, l’atelier vise à identifier les insuffisances qui freinent encore la performance du système de commande publique. Les échanges devront permettre de mieux cerner les besoins des acteurs, de relever les obstacles qui ralentissent l’exécution des projets publics et de proposer des solutions adaptées aux réalités du terrain.


L’objectif est de doter le pays d’un dispositif cohérent de développement des compétences, capable d’accompagner durablement les réformes engagées dans le secteur et de renforcer la professionnalisation des acheteurs publics.

Miser sur les compétences pour améliorer les investissements publics

En ouvrant les travaux, le directeur général de l’ARCOP, Aftar Touré Morou, a souligné que cette phase représente le moment le plus déterminant de toute la mission.
« Le bien-fondé de cet atelier est d’autant plus important qu’il constitue, sans doute, l’étape la plus critique de tout le processus puisqu’il s’agit d’examiner, de compléter et de valider le rapport diagnostic élaboré par le cabinet de consultants recruté dans le cadre de cette mission », a-t-il indiqué.


Pour le responsable de l’ARCOP, la performance de la commande publique dépend avant tout des compétences des femmes et des hommes qui en assurent la mise en œuvre.
« On ne peut bâtir un système de commande publique moderne, performant et résilient avec des compétences d’hier. Nous ne voulons plus d’un renforcement des capacités au coup par coup ou de formations déconnectées des réalités du terrain. Nous ambitionnons de bâtir une stratégie holistique, pérenne et structurée », a-t-il affirmé.

Selon lui, une commande publique efficace constitue un véritable moteur de développement. Des procédures maîtrisées permettent une exécution rapide des investissements, favorisent la création d’emplois, soutiennent les entreprises et garantissent une utilisation plus efficiente des ressources publiques, au bénéfice des populations.

Des réponses attendues aux principaux défis du secteur

Les participants sont invités à conduire une analyse rigoureuse des forces et des insuffisances du système actuel afin de faire émerger des solutions consensuelles.
« Durant ces travaux, je vous invite à faire une analyse objective, rigoureuse et sans complaisance des forces et des faiblesses actuelles de notre système de formation et de gestion des compétences », a exhorté Aftar Touré Morou.


Les travaux devront notamment permettre de répondre à plusieurs préoccupations majeures : identifier les besoins réels en renforcement des capacités, lever les goulots d’étranglement qui ralentissent les projets publics et renforcer durablement la professionnalisation des acteurs afin de réduire les risques de contentieux et de corruption.

À l’issue des quatre jours d’échanges, les conclusions attendues serviront de fondement à la future stratégie nationale de renforcement des capacités des acteurs de la commande publique, un instrument appelé à accompagner l’amélioration durable de la gouvernance des marchés publics au Togo.

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