Lutte contre les avoirs criminels : le Togo encouragé à créer une structure nationale

Par la rédaction le 30 juin 2026

 

(bulletin info) – Le Togo pourrait bientôt franchir une nouvelle étape dans le renforcement de son dispositif de lutte contre la criminalité financière. En mission de plaidoyer à Lomé, le président du Réseau inter-agences de recouvrement des avoirs d’Afrique de l’Ouest (ARINWA), Mor Ndiaye, a invité les autorités togolaises à accélérer la mise en place d’une structure nationale dédiée à la gestion et au recouvrement des avoirs criminels.

Cette visite de 24 heures, effectuée le lundi 29 juin, s’inscrit dans une tournée régionale de sensibilisation menée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Elle vise à accompagner les États membres dans l’application des mécanismes de recouvrement des biens issus d’activités criminelles, conformément aux engagements régionaux.

Au cours de son séjour, la délégation de l’ARINWA a été reçue par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Pacôme Yawo Amenyo Adjourouvi, ainsi que par de hautes autorités judiciaires. Les échanges ont porté sur les défis liés aux flux financiers illicites et sur la nécessité de doter le Togo d’un organe spécialisé chargé de la gestion des avoirs gelés, saisis ou confisqués.

Cette démarche intervient après l’adoption, en mars 2026, de la loi uniforme de l’UEMOA relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Son article 125 prévoit la désignation d’une structure nationale compétente en matière de gestion et de recouvrement des avoirs criminels.

Pour Mor Ndiaye, la création d’un tel organisme constitue non seulement une obligation légale, mais également un levier essentiel pour renforcer l’efficacité de la lutte contre la criminalité économique et financière. Il estime qu’il s’agit d’un véritable acte de souveraineté permettant à un État de priver les réseaux criminels des ressources tirées de leurs activités illicites.

Le président de l’ARINWA a également réaffirmé la disponibilité de son organisation à accompagner le Togo à travers une assistance technique, le partage d’expériences et l’accès aux réseaux internationaux spécialisés dans le recouvrement des avoirs criminels.

Selon lui, les échanges tenus à Lomé témoignent de l’intérêt accordé par les autorités togolaises à cette problématique et ouvrent des perspectives encourageantes pour l’aboutissement du projet. Il s’est dit convaincu que le Togo dispose des atouts nécessaires pour intégrer pleinement le dispositif régional de lutte contre les flux financiers illicites.

Créé pour renforcer la coopération entre les États d’Afrique de l’Ouest et de São Tomé-et-Príncipe, l’ARINWA œuvre à améliorer les procédures d’identification, de saisie, de confiscation, de gestion et de recouvrement des produits issus de la criminalité organisée.

Avec Togo-Presse.

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