par Désiré KOSSI
(Bulletin Info) – Le partenariat public-privé (PPP) peut-il se résumer à la mobilisation de financements ? Pour le lieutenant-colonel Idiola Sandah, Administrateur général de l’Autorité de Coordination de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (ACP), la réponse est clairement négative. Sa communication lors de la Conférence de haut niveau sur les contrats de partenariat public-privé, tenue le 3 septembre 2026 à Lomé, a permis de mettre en évidence une dimension essentielle du modèle : sa capacité à transformer une ambition publique en réalisation concrète.

Prenant part à la troisième table ronde, consacrée aux retours d’expérience et aux projets structurants, le responsable de l’ACP a porté la voix de la PIA avec une communication à la fois structurée, pédagogique et résolument tournée vers les résultats. Face aux décideurs publics, investisseurs, experts et acteurs économiques réunis dans la capitale togolaise, Idiola Sandah a présenté l’expérience de la PIA comme une illustration concrète de ce que peut produire une alliance efficacement organisée entre la puissance publique et l’expertise privée. La conférence réunissait notamment des acteurs autour des conditions de réussite des PPP et de leur contribution à la transformation économique du Togo.

Dans son intervention, Idiola Sandah a insisté sur la complémentarité des responsabilités. Pour lui, la réussite d’un PPP repose moins sur la juxtaposition des compétences que sur leur articulation autour d’une même ambition.
D’un côté, l’État apporte son pouvoir de régulation, la sécurité juridique, la coordination institutionnelle et la capacité à fédérer les différents services publics. De l’autre, le partenaire privé met à contribution son expertise, ses moyens, sa capacité d’investissement et sa réactivité opérationnelle.
Cette approche trouve, selon lui, une traduction particulièrement concrète dans le modèle de la PIA. L’expérience de la plateforme montre qu’un PPP bien conçu ne consiste pas simplement à rechercher des capitaux, mais à créer les conditions permettant de réunir, autour d’un même projet, les capacités de l’État et celles du secteur privé. Cette idée constitue d’ailleurs l’un des messages centraux relayés par l’ACP à la suite de la conférence.
L’ACP, au cœur de la cohérence institutionnelle
À travers la communication de son Administrateur général, c’est aussi le rôle de l’Autorité de Coordination de la PIA qui a été mis en avant. L’ACP apparaît comme un maillon essentiel dans la mise en cohérence de l’action publique autour d’un projet industriel de grande envergure.
Sa mission ne se limite pas à accompagner un dispositif administratif. Elle participe à la fluidité des relations entre les différentes parties prenantes et à la cohérence d’ensemble d’un modèle associant exigences publiques, impératifs industriels et performance opérationnelle.
Cette position donne à l’ACP une responsabilité particulière : veiller à ce que la vision stratégique portée par l’État puisse se traduire en résultats tangibles sur le terrain. La PIA constitue ainsi un terrain d’expérimentation grandeur nature de cette capacité de coordination.

De la mobilisation des ressources à l’accélération industrielle
L’un des points forts de la communication d’Idiola Sandah réside dans sa manière de déplacer le regard porté sur les PPP. Le modèle ne doit pas être considéré comme un simple mécanisme destiné à compenser les contraintes budgétaires de l’État.Il peut surtout devenir un accélérateur de transformation industrielle.
L’expérience de la PIA en fournit une illustration : infrastructures industrielles, dispositifs logistiques, services connexes et activités de transformation sont pensés dans une logique d’écosystème. La plateforme entend ainsi rapprocher production, transformation et logistique afin de favoriser la création de valeur et le développement des chaînes industrielles locales.
Cette lecture du PPP rejoint l’ambition affichée par la PIA de faire de ce modèle un instrument au service de l’investissement, de la production locale et de la souveraineté économique.
Une crédibilité renforcée par les résultats
Au-delà des principes, la force du propos d’Idiola Sandah tient à son ancrage dans l’expérience de la PIA. La plateforme est présentée comme l’un des exemples les plus significatifs de la mise en œuvre concrète d’un partenariat public-privé au Togo.
Développée dans le cadre d’un partenariat entre l’État togolais et Arise IIP, la PIA associe infrastructures industrielles et logistiques dans une même dynamique. Son modèle a également permis de mobiliser des financements importants auprès d’acteurs bancaires, illustrant la capacité d’un projet structuré à susciter la confiance des investisseurs. Des sources consacrées au retour d’expérience de la PIA évoquent notamment un financement bancaire de 145 millions d’euros mobilisé avec le concours d’Afreximbank, d’Ecobank et de BIA Togo.
Dans ce contexte, la communication de l’Administrateur général de l’ACP n’avait rien d’un simple exercice institutionnel. Elle s’appuyait sur une expérience opérationnelle destinée à montrer que le PPP peut produire des résultats lorsqu’il repose sur une vision claire, une répartition maîtrisée des responsabilités et une coordination efficace.

La PIA, une expérience appelée à essaimer
Au terme de cette intervention, un message se dégage : la PIA ne se présente pas uniquement comme une infrastructure industrielle, mais comme une expérience dont les enseignements peuvent nourrir la réflexion nationale sur les futurs grands projets.
C’est précisément dans cette perspective que l’ACP entend inscrire son action. En portant l’expérience de la PIA dans les espaces de réflexion consacrés aux PPP, l’Autorité de Coordination contribue à documenter un modèle, à en expliciter les ressorts et à montrer les conditions nécessaires à sa réussite.
La qualité de la communication d’Idiola Sandah aura ainsi été de relier vision, gouvernance, financement, coordination et exécution autour d’une même idée : un partenariat public-privé n’a de véritable valeur que lorsqu’il permet de transformer efficacement une ambition de développement en projet concret et durable.
À Lomé, le 3 septembre, l’ACP a donc défendu plus qu’un mécanisme contractuel.
Ainsi, par la voix de son Administrateur général, elle a porté une conception exigeante du PPP, fondée sur la complémentarité des forces, la performance et la recherche de résultats. Une approche qui conforte la PIA dans son ambition de devenir une référence togolaise en matière de partenariat public-privé et un modèle susceptible d’inspirer d’autres projets structurants.
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