Par Désiré KOSSI le 20 Mai 2026
(Bulletin info) – Les participants au forum Biashara Africa 2026 ont insisté, mercredi à Lomé, sur l’impérieuse nécessité de renforcer les mécanismes de financement afin d’accélérer l’industrialisation du continent africain et garantir le succès de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Les échanges ont mis en évidence le rôle stratégique des investissements publics et privés dans la transformation structurelle des économies africaines.
Au cours du panel consacré au financement de l’industrialisation, les intervenants ont souligné que l’Afrique dispose d’importants atouts économiques, mais demeure confrontée à des difficultés persistantes d’accès aux capitaux, notamment pour les petites et moyennes entreprises engagées dans la transformation locale des matières premières. Les experts ont plaidé pour des dispositifs financiers innovants capables de réduire les risques et de faciliter l’accès au crédit pour les porteurs de projets industriels.
La vice-présidente de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX), Saloua Karkri Belkeziz, a estimé que le développement industriel du continent passe par une mobilisation coordonnée des banques, des marchés financiers et des gouvernements. Elle a également insisté sur la nécessité de moderniser les infrastructures énergétiques et logistiques afin de créer des écosystèmes productifs performants. S’appuyant sur l’exemple marocain, elle a rappelé les performances enregistrées dans le secteur automobile, devenu l’un des piliers des exportations industrielles du royaume.
Le responsable régional UEMOA de la Banque d’entreprise et d’investissement d’Ecobank, Oumar Sangaré, a pour sa part souligné l’importance des fonds propres dans la réalisation des projets industriels africains. Selon lui, une meilleure synergie entre banques commerciales, institutions de développement et fonds de pension permettrait de mobiliser davantage de ressources au profit des infrastructures et de l’électrification du continent.
L’ancienne ministre togolaise du Commerce, Rose Kayi Mivedor-Sambiani, a relevé que le coût élevé du crédit, l’insuffisance des financements de long terme et la faible maturité des projets continuent de freiner les ambitions industrielles africaines. Elle a appelé à la mobilisation de l’épargne locale, des assurances ainsi que des investissements de la diaspora pour soutenir les projets liés à la ZLECAf.
De son côté, l’ancien directeur général de Zenith Bank, Ebenezer Onyeagwu, a défendu le recours à des partenariats public-privé solides afin de rassurer les investisseurs et de partager les risques liés aux grands projets industriels. L’entrepreneure Dana Mopulunga a, quant à elle, insisté sur la nécessité de renforcer les financements intermédiaires destinés aux PME africaines, estimant que ces entreprises constituent un levier essentiel pour l’industrialisation du continent.
Ainsi, à travers ces échanges, les acteurs réunis à Lomé ont réaffirmé que l’avenir industriel de l’Afrique dépendra avant tout de sa capacité à mobiliser des financements durables, à soutenir l’innovation et à créer un environnement économique favorable aux investissements productifs.

