par Désiré KOSSI le 12 Mai 2026
(Bulletin info) – La capitale togolaise est depuis ce lundi le point de convergence des décideurs politiques, partenaires techniques et financiers, agences onusiennes ainsi que des organisations de la société civile, réunis dans le cadre d’une conférence régionale de haut niveau dédiée à la nutrition et au développement de la petite enfance en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Initiée par le Groupe de la Banque mondiale, en collaboration avec le gouvernement togolais et le Mécanisme de Financement Mondial (GFF), cette rencontre, qui se tient du 11 au 13 mai 2026 à Lomé, est présentée comme l’une des plus importantes jamais organisées en Afrique subsaharienne sur les questions liées au capital humain et à la protection de l’enfance.

À travers cette assise régionale, les participants ambitionnent de renforcer les investissements en faveur de la nutrition, de la santé maternelle et infantile ainsi que du développement harmonieux des jeunes enfants, dans un contexte où les défis demeurent préoccupants dans plusieurs pays de la sous-région. Malgré les progrès enregistrés ces dernières décennies, près d’un enfant sur trois souffre encore d’un retard de croissance, tandis que des millions de femmes continuent d’être affectées par l’anémie, avec des répercussions directes sur la santé des mères et le développement cognitif des enfants.

Les experts présents à Lomé ont rappelé que la malnutrition ne constitue pas uniquement un enjeu sanitaire, mais également un obstacle majeur au développement économique et social des États. Selon les estimations évoquées au cours des travaux, chaque dollar investi dans la nutrition et la petite enfance pourrait générer jusqu’à 23 dollars de retombées économiques.

Pendant trois jours, les échanges portent essentiellement sur cinq axes prioritaires, notamment le renforcement des services de nutrition et de santé, la formation des ressources humaines qualifiées, la mobilisation de financements durables, l’amélioration des systèmes de collecte de données ainsi que la mise en place d’environnements favorables à l’épanouissement des jeunes enfants.
Le conclave ministériel prévu à l’issue des travaux devrait permettre l’adoption de cadres nationaux d’action destinés à préparer le prochain Sommet sur le Capital Humain.

Le choix du Togo pour abriter cette rencontre d’envergure n’est pas fortuit. Le pays est aujourd’hui cité comme une référence dans la sous-région pour les avancées enregistrées en matière de nutrition et de développement de la petite enfance. Ces dernières années, les autorités togolaises ont multiplié les initiatives visant à améliorer la santé maternelle et infantile, renforcer l’allaitement maternel exclusif et réduire le taux de retard de croissance chez les enfants.

À l’ouverture des travaux, la ministre togolaise chargée du Développement à la base, de l’Inclusion financière, de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes, Mazamesso Assih, a salué la mobilisation des partenaires internationaux autour des enjeux liés au capital humain. Elle a souligné l’engagement du gouvernement togolais à poursuivre les réformes sociales en faveur des couches vulnérables, notamment les femmes et les enfants.
Prenant la parole au nom du directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Gilles Fagninou, le directeur régional adjoint de l’organisation a également félicité le Togo pour les progrès significatifs réalisés dans les domaines de la nutrition, de l’éducation préscolaire et de la protection de l’enfance.
Les responsables onusiens ont insisté sur la nécessité pour les États africains d’abandonner les approches sectorielles fragmentées au profit de politiques intégrées capables d’offrir simultanément aux enfants des services de nutrition, de santé, de protection sociale et de stimulation précoce dès les premières années de vie.
Ainsi à travers l’organisation de cette conférence internationale, le Togo confirme ainsi son ambition de se positionner comme un acteur majeur des politiques de développement humain et social en Afrique de l’Ouest.

